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Le Gebel Silsileh

Gebel Silsileh est le nom arabe d'une région qui inclut les deux rives du Nil, environ 145 km au sud de Louxor et 65 km au nord d'Assouan. C'est le point où le fleuve est le plus étroit, flanqué de chaque côté de majestueuses collines de grès.

Le nom même de Gebel el-Silsila, qui signifie "Montagne de la Chaîne" se réfère à une ancienne tradition arabe selon laquelle une chaîne aurait été tendue au travers du fleuve pour entraver la navigation.

A l'époque pharaonique, la région s'appelait "Kheny" ou "Khenou", un nom à la signification incertaine qui se référait sans doute à une agglomération de la rive est.

Les Anciens Egyptiens nommaient cette section du Nil "Eau Pure", qui par extension, désignait parfois la région avoisinante que, plus tard, les Gréco-Romains appelèrent simplement "la Carrière".

La divinité tutélaire du Gebel Silsileh était le dieu crocodile Sobek.

Les vestiges archéologiques et la documentation écrite relatifs au Gebel Silsileh s'étendent de la Préhistoire à la période copte. Les traces les plus anciennes de la présence humaine sont des sites de surface datés du Paléolithique. Les restes d'un cimetière prédynastique ont été retrouvés sur la rive est, ainsi que des graffiti contemporains représentant des êtres humains, des animaux et des bateaux. Les restes de l'Ancien Empire, situés sur la rive ouest, sont plus rares et consistent principalement en inscriptions hiératiques laissées par des visiteurs (dont un cartouche de Pépi 1er). Au Moyen Empire, ce sont les expéditions caravanières et les voyageurs qui laissèrent quelques graffiti, également sur la rive ouest.

Les paysages

Sur la rive est, au moment de prendre le bateau, un ruisseau d'eau claire, un peu surprenant. Un aperçu de la rive ouest. Chapelles et cénotaphes s'égrénant le long de la rive ouest. Chapelles et cénotaphes s'égrénant le long de la rive ouest. Le 'Cabestan', ainsi nommé à cause de sa forme et parce que la légende prétend qu'une chaîne était tendue à travers le cours du Nil, d'où le nom de 'Montagne de la Chaîne', une des signification possible de Gebel Silsileh. Les sanctuaires royaux de la 19ème dynastie vus depuis la rive est. Les sanctuaires royaux de la 19ème dynastie vus depuis la rive est. De la rive ouest, une échappée sur le Nil, entre le spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux. Une des multiples chapelles de la rive ouest.

Le spéos d'Horemheb

De nombreux rois et notables du Nouvel Empire, dont Thoutmôsis III, Hatchepsout, Séthy 1er, Ramsès II, Ramsès III etc. ont laissé leur marque au Gebel Silsileh, sous forme de stèles, de sanctuaires et de cénotaphes mais le spéos d'Horemheb est le monument le plus important du site.

A l'extrémité nord du site, sur la rive occidentale du Nil, ce temple rupestre a été creusé dans la colline qui fait face à l'est, à proximité du bord.

C'est une gallerie couverte qui s'ouvre à l'intérieur sur un petit sanctuaire dont le fond est constitué par une niche contenant sept statues divines assises, dont Horemheb lui-même.

Les murs du spéos sont couverts de représentations de soixante-quinze dieux et déesses différents.

Les rois suivants dont Ramsès II, Mérenptah, Séthy II et Ramsès III ont ajouté leurs propres éléments de décoration. Ils sont représentés avec de nombreux princes, épouses et hauts fonctionnaires, à l'intérieur comme à l'extérieur du sanctuaire.

Je n'ai pas d'image du monument dans son intégralité mais vous pouvez vous référer au site d'Alain Guilleux qui présente des photos généralement plus nettes et bénéficiant d'un meilleur éclairage.

Spéos d'Horemheb : mur du fond. Défilé de la victoire sur le pays de Koush. Prisonniers nubiens inconfortablement ligotés. Accueil du roi par un héraut  tandis que des soldats balaient le sol. Prisionnier nubien exécutant une danse acrobatique. Détail du roi et des flabella. Détail des porteurs. Noter la forme particulière du devanteau qui pend à la ceinture du pagne. Un prisonnier lié les mains au-dessus de la tête. Détail du héraut joueur de trompette. Détails des balayeurs. Détails des balayeurs. Inscription du 'fils du roi Ousermaatrê-Setepenrê, né de la grande épouse royale Isisnofret, le prêtre-sem Khâemouaset'. De gauche à droite, Khnoum, Taouret allaitant Horemheb, Amon et Sobek. Détail de la scène d'allaitement par Taouret. Mérenptah, Isisnofret et un certain Panehesy. Statue de Ramsès II Offrande à Ptah et Amon Offrande à Sobek par Ramsès II et Khâemouaset. Statue de Ramsès II Mérenptah, Isisnofret, Sethy-Mérenptah et un haut fonctionnaire rendant hommage à Amon-Rê et Ptah. Hommes et dieux ensemble : Panehesy, Maât, Amnenakht, chanteuse d'Hathor, Ptah, chanteuse de Rê. Inscription hiératique de l'an 5 de ramsès III en rapport avec une expédition aux carrières de grès. Entrée du sanctuaire. Vestibule : offrande à mout et Amon-Rê par Horemheb (malheureusement, je n'ai pas photographié la scène en entier). Vestibule : offrande à Rê-Horakhty et Iousaâs. Le scribe royal, directeur du trésor du Seigneur du Double-Pays, face à Ramsès II. A droite de la porte : en haut de gauche à droite, Osiris et Sopet. En bas, Horus et Isis. Grafitto hiératique de Ramsès III Grafitto hiératique de Ramsès III Fond du sanctuaire : sept dieux assis, Sobek, Taouret, Mout, Amon-Rê, Khonsou, Horemheb, Thot. Défilé de divinités sur deux registres. Idem Le zèle destructeur des pillards a épargné Hathor et sa perruque remarquable. ????? La porte d'entrée, la seule prévue dans le projet initial. Côté droit : statue anonyme, surmontée d'une scène où nommé Païri rend hommage à Amon, Sobek et Bastet. Détail de la scène précédente. En haut : Ramsès fait l'offrande de la Maât à onouris-Chou. En bas : une femme et une fillette devant Ptah. Ramsès II et le vizir Néferrenpet devant Ptah (dans une chapelle) et Sobek (martelé). Ramsès II devant Ptah (en haut) et Sobek (encore martelé). Côté gauche : niche du prêtre-sem Khâemouaset.

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Les carrières

Le Gebel Silsileh commença à être exploité au Nouvel Empire comme carrière de grès, et devint la source la plus importante de ce matériau en Egypte, car la pierre de bonne qualité était aisément accessible et facile à transporter grâce à la proximité avec le Nil. La plupart des temples de la XVIIIème dynastie à la période romaine fut édifiée avec des blocs de grès provenant du Gebel Silsileh.

Marque de carrier Marque de carrier Marque de carrier Carrière entre le Spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux 750 m au sud. Carrière entre le Spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux 750 m au sud. Carrière entre le Spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux 750 m au sud. Carrière entre le Spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux 750 m au sud. Carrière entre le Spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux 750 m au sud. Carrière entre le Spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux 750 m au sud. Carrière entre le Spéos d'Horemheb et les sanctuaires royaux 750 m au sud. Juste avant les sanctuaires royaux, une échappée vers le Nil. Noter l'anneau taillé dans le rocher, sans doute pour manoeuvrer les pierres ou amarrer les bateaux.

Trois stèles royales

Un certains nombre de différentes époques postérieures à la XIXème dynastie ont été retrouvés dont une stèle de Chéchonq 1er, la fondateur de la XXIIème dynastie, qui se dresse environ 100 m au sud du spéos d'Horemheb. Il s'agit d'un décret royal autorisant l'ouverture d'une carrière destinée à alimenter certains projets de construction dans le temple d'Amon à Karnak.

Ramsès III et Ramsès V ont également laissé leur marque.

Stèle de Chéchonq et Ramsès V. Stèle royale de Chéchonq 1er Stèle royale : Mout guide Chéchononq 1er et le prince Ioupout vers Amon-Rê, Rê-Horakhty et Ptah. Stèle royale de Ramsès V. Ramsès V offre son propre nom à Amon-Rê, Mout, Khonsou et Sobek (martelé comme d'habitude) : Ousermaâtrê Sekheperenrê. Stèle royale endommagée : Ramsès III offre Maât à Amon, Mout et Khonsou.

Les cénotaphes

A partir de la XVIIIème dynastie, certains rois et hauts fonctionnaires ont fait creuser des chapelles et autres monuments dans les collines de la rive ouest. Parmi les plus anciens se trouve une série de trente-deux chapelles rupestres excavées dans la falaise surplombant le fleuve, dont dix-huit seulement ont pu être datées. Elles ont été réalisées au nom d'importants personnages, ayant servi principalement Hatchepsout ou Thoutmôsis III, la plus tardive datant d'Amenhotep III.

Ces petits monuments sont pour la plupart constitués d'une chambre à laquelle on accède par une entrée dont le linteau expose les cartouches du roi tandis que les montants sont inscrits avec des formules d'offrande. Les murs sont décorés de reliefs peints et le fond comporte une niche contenant la représentation grandeur nature du propriétaire parfois accompagné de membres de sa famille.

. Ces chapelles rupestres dont les propriétaires sont connus et ont été enterrés ailleurs, notamment à Thèbes, peuvent avoir fait office de cénotaphe leur assurant un approvisionnement en offrandes en présence des divinités locales.

Entrées de cénotaphes dans la falaise de grès. Cénotaphe de Thoutmôsis, scribe du trésor. L'inscription se lit ainsi : 'Le scribe du trésor (litt. la Maison de l'Argent), Thoutmôsis'. Le plafond peint a gardé sa polychromie. L'intérieur du monument. Un homme avec deux femmes et un petit enfant à peine visible. Cénotaphe de Min, où l'ont peut restituer les noms de Thoutmôsis III sous les ailes du vautour. Thoutmôsis assis devant une table d'offrandes consacrées par un personnage décapité par un griffito copte. Détail de la procession des porteurs. L'état d'inachèvement du relief permet de voir le carroyage (en rouge repéré par une flèche). Cénotaphe d'Ahmôsis. Stèle très endommagée d'un certain Maâ. Graffito d'un nommé Neby avec un bateau qui ne lui est pas nécessairement contemporain. Dessin de bateau au fond d'un cénotaphe anonyme. Dessin de bateau au fond d'un cénotaphe anonyme. Monument décapité de Sennefer, le fils d'un vice-roi de Kouch, et de son épouse Hatchesout. Monument décapité de Sennefer et de son épouse Hatchesout. Monument décapité de Sennefer et de son épouse Hatchesout.

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Les sanctuaires royaux

Environ 750 m au sud du spéos d'Horemheb, trois chapelles royales se dressent côte à côte, creusées dans la falaise sous les règnes de Séthy 1er, Ramsès II et Mérenptah.

Elles ont la forme d'une large niche encadrée de deux colonnes papyriformes et surmontée par une corniche.

Le fond de la niche, en forme de stèle, contient le même texte, la copie d'une ordonnance royale provisionnant une célébration bisannuelle du dieu Hâpy. Une autre copie a été réalisée un peu plus loin par Ramsèsz III.

Stèle de Ramsès III. Un personnage nommé Horemheb adorant Séthy 1er. Vue du site depuis le fleuve. Autre vue du site dominée par le 'Cabestan'. Les chapelles de Mérenptah et Ramsès II. Les chapelles de Mérenptah et Ramsès II. Chapelle de Mérenptah. Le 'Cabestan'. Chapelle de Mérenptah. Située entre les deux chapelles, une stèle représentant Mérenptah suivi d'un prince et du viszir Panehesy présentant Maât au dieu Amon. Chapelle de Ramsès II Chapelle de Ramsès II, mur du fond. Chapelle de Ramsès II, mur Sud, 4 registres, de haut en bas. Chapelle de Ramsès II, mur sud, registre supérieur : encens et libations à Montou, Atoum, Rattaoui. Chapelle de Ramsès II, mur sud, 2ème registre : offrande du vin à Onouris, Tefnout et Geb. Chapelle de Ramsès II, mur sud, 3ème registre : Néfertari agite les sistres devant Taouret, Thot, et Nout. Chapelle de Ramsès II, mur sud,registre inférieur : les deux Hâpys. Chapelle de Ramsès II, mur nord, 4 registres de haut en bas. Chapelle de Ramsès II, mur nord, registre supérieur : Amon-Rê et Thot écrivent le nom du roi sur l’arbre ished, devant Ptah et un autre dieu. Chapelle de Ramsès II, mur nord, 2ème registre :  de l'encens et une libation pour Osiris, Isis et Min-Kamoutef. Chapelle de Ramsès II, mur nord, 3ème registre : une offrande d'encens pour Sobek, Tjenenet, Rattaoui et Hathor Chapelle de Ramsès II, mur nord, registre inférieur : scène symétrique du mur sud avec les deux Hâpys traditionnels. Chapelle de Ramsès II, mur du fond : corniche ornée d'un disque soleil encadré par deux uraei. Chapelle de Ramsès II, mur du fond, coin supérieur droit de la stèle :  'Horus, taureau victorieux aimé de Maât, les deux Maîtresses, riche en années'. Chapelle de Ramsès II, mur du fond, jambage droit de la stèle : '...qui protège l'Egypte...' Chapelle de Ramsès II, mur du fond, jambage droit de la stèle : '...qui lie les pays étrangers, le roi de Haute et Basse Egypte Ousermaâtrê...' Chapelle de Ramsès II, mur du fond, jambage droit de la stèle : '...le fils de Rê, Ramsès-aimé d'Amon.' Ramsès II devant le dieu Amon. A gauche de la chapelle de Ramsès II, stèles de Mérenptah (complète) et ce qui reste d'une stèle d'un nommé Penamon. Mérenptah suivi du 1er prophète d'Amon, Roy, se tient devant le dieu. Cartouches de Mérenptah. Stèle de Penamon dédiée à Amenhotep 1er. Sanctuaire très ruiné, de Séthy 1er. Cartouches de Séthy 1er. Cartouches de Séthy 1er. Ce qui reste du plafond.

La rive est

La rive est, difficilement accessible de nos jours sans une autorisation spéciale, a notamment gardé la trace des carrières de talatates d'Amenhotep IV-Akhenaton. Une large stèle domine le site.

Rive Est : grande stèle d'Amenhotep IV-Akhenaton. Rive Est : carrières d'Amenhotep IV. Rive Est : talatates en cours d'extraction.

Faune et flore

Poule sultane (porphyrio porphyrio), un oiseau de la famille des ralidés. Poules sultanes. Une euphorbe. Euphorbe détail des fleurs. Acacia Nilotica. Acacia Nilotica. Palmier doum d'Egypte (Hyphaene thebaica). Palmier doum. Palmier doum mêlé à des palmiers dattiers (Phoenix dactylifera).
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