Je hais la reine ! (Cicéron) |
Toutes les dates sauf indication contraire sont situées avant notre ère.
Meurtrie par les guerres puniques, mais auréolée du prestige de la victoire, Rome amorce l’extension qui la rendra, en quelques décennies, maîtresse incontestée du monde méditerranéen. Ayant pris le contrôle de toute l’Italie, puis réduit la Sicile au rang de province, la Ville déclara la guerre à Philippe V des Antigonides. En 197, la bataille de Cynoscéphales en Thessalie, remportée par Titus Quinctius Flaminius, lui permit de libérer les cités grecques du joug macédonien.
Rome s’attaqua ensuite au roi de Syrie, Antiochos III Mégas. Le Séleucide fut écrasé en 189 à la bataille de Magnésie qui l’opposa à Lucius Cornelius Scipio (dit l’Asiatique) et à son frère Publius Cornelius Scipio (dit l’Africain) qui avait mis fin, en 202, à la deuxième guerre punique. Parce que nous verrons reparaître un peu plus tard un autre membre de cette redoutable famille, il n’est pas inutile de préciser que Scipion l’Africain mourut hors de Rome en 183, après s’être heurté à l’hostilité du parti conservateur emmené par Marcus Porcius Cato, dit Caton l’Ancien ou le Censeur, dont l’arrière-petit-fils aurait son rôle à jouer dans l’histoire des derniers Ptolémée.
Vers le milieu du siècle, la puissance romaine s’était implantée sur tout le pourtour méditerranéen, Carthage et Corinthe avaient été prises et saccagées (Carthago delendo est). L’Espagne avait abdiqué toute résistance en 133, après le deuxième siège de Numance (mené par Scipion Émilien, fils de Scipion l’Africain) et, en Asie, le roi de Pergame, Attale III, avait légué son royaume aux Romains, reconnaissant une vassalité qui existait déjà dans les faits.
Cette fantastique expansion devait avoir, pour la République romaine, des conséquences à long terme qui allaient s’avérer catastrophiques, mais ceci est une autre histoire...
Évoquer Cléopâtre va nous obliger à quitter les rives du Nil et à côtoyer des personnages qui, par ailleurs, nous sont déjà familiers parce qu’ils ont profondément marqué notre propre histoire : Pompée, César et Marc Antoine.
Les sources sont très différentes de ce à quoi nous sommes habitués avec l’Égypte pharaonique. Cette fois, il n’est plus question d’une littérature à sens unique comme les Annales de Thoutmosis III à Karnak ou les récits de la bataille de Kadesh au Ramesseum. Nous avons des témoins, pas toujours de bonne foi, et pas forcément bien disposés, comme Cicéron, dont la drolatique méchanceté s’étale sans vergogne tout au long de sa Correspondance, et des historiens antiques tels que Plutarque, Suétone etc., qui tous, puisant à des sources autorisées par la propagande augustéenne, ont dressé de la reine lagide un portrait calamiteux… Les textes conservés, bien qu’étudiés par des gens très sérieux, sont parfois du même acabit que certaines publications populaires bien connues...
Il n’est pas question d’aborder ici toute l’histoire complexe du règne de Cléopâtre. Je m’attacherai donc à certains points particuliers de son règne, peut-être ceux qui ont fait couler le plus d’encre et défiler le plus de pellicule : a-t-elle réellement influencé César au point de lui faire perdre la tête, que s’est-il passé à Alexandrie pendant l’hiver 48-47, qui est le père de Ptolémée XV ?
Entre autres...

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